• Aujourd'hui, un petit hommage à la bibliothèque Italie où je travaille. Quand je suis arrivé là-bas, j'ai découvert "Les mystères de Harris Burdick", un album de Chris Van Allsburg. La section jeunesse avait organisé un atelier d'écriture à partir de ce livre et c'est ainsi que des ados ont écrit des nouvelles inspirées des dessins de l'album.

    J'ai écrit à mon tour une nouvelle à partir d'une de ces illustrations. Si toute ressemblance avec un confinement serait indépendante de ma volonté, je ne peux pas être aussi affirmatif à propos de mon inconscient !

     

    Autre lieu, autre temps

     

    http://blog.ac-versailles.fr/ducotedechezandre/public/harris_burdick/autre_lieu.jpeg

    S'il y avait une réponse, c'est là qu'il la trouverait

      

            Ce fut au sortir d'une nuit agitée, aux premières lueurs d'un matin d'orage que l'humeur d'Abigail Thompson s'altéra. Les grandes vacances commençaient à peine et les grandes plaines du Missouri subissaient déjà les assauts de la canicule. Au lieu de se lever et de descendre dans la cuisine préparer le petit-déjeuner comme elle en avait l'habitude, Abigail referma les yeux et partit rejoindre en rêve ses deux enfants et son mari en partance pour une destination inconnue. Dans cette réalité parallèle, Richard était un mari prévenant, leur progéniture deux jeunes garçons éveillés et attentifs, et la famille partait en voyage explorer un monde nouveau où un réseau de chemin de fer traversait les océans et les mers pour relier les continents. Elle pouvait ainsi goûter, à bord d'un ingénieux radeau à voile monté sur quatre roulettes, l'ivresse des immensités marines tout en bénéficiant du confort et de la sécurité du rail.

     

             L'expédition promettait de durer de longues semaines, et pourtant, il semblait qu'elle touchait déjà à sa fin. C'était du moins ce qu'affirmait Richard Thompson, pointant du doigt à l'horizon un palais aux dimensions extraordinaires. « J'ai construit pour vous ce palais » expliquait-il, « mais c'était en un temps très reculé, dont je ne me souviens plus ». Abigail n'avait jamais été si fière de son mari. Les enfants écoutaient avec gravité. L'orage cependant menaçait et leur confortable embarcation leur parut soudain bien fragile. Bientôt, il fallut admettre que si près du but, ils n'étaient pas sûrs d'arriver à bon port. Une autre question avait surgi dans l'esprit enfiévré d'Abigail : qui était vraiment Richard Thompson ? Simple ouvrier agricole alcoolique et violent ou bien bâtisseur de châteaux et de cathédrales ? Elle interrogea silencieusement son mari du regard, qui regardait lui-même le palais briller de tous ses feux sous les assauts répétés de la foudre et du tonnerre. S'il y avait une réponse, c'est là qu'il la trouverait.

     

            Quand Abigail rouvrit les yeux, le silence régnait dans la maison de bois au milieu des champs. Elle descendit l'escalier. Personne. Elle remonta frapper à la chambre des enfants. Pas de réponse. Elle ouvrit la porte : les deux garçons gisaient dans leur lit tâché de sang. Abigail porta les mains à son visage : elles étaient ensanglantées. L'effroi ne la quitta plus. Où était Richard ? Elle se souvint avoir quitté le lit conjugal sans même se soucier de sa présence. Elle retourna dans la chambre, prit soin d'en fouiller tous les recoins, et finit par retrouver sous le sommier la tête, séparée du tronc, qui avait roulé sur le sol et la fixait de ses yeux interrogateurs. Abigail se redressa. Elle pouvait s'allonger et refermer les yeux, elle avait ce pouvoir sur la réalité et sur les choses.

     

             Abigail Thompson et ses enfants furent retrouvés morts par les voisins inquiets de ne plus avoir de nouvelles. On ne retrouva jamais le corps de Richard Thompson.

     


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  • Voici la troisième et dernière strophe. L'invitation au Voyage, c'est fini !

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    L'invitation au voyage (3ème et dernière partie)

     

    Là-bas, sur les eaux 

    Flânent les bateaux

    Aux trémulantes humeurs

    Le pays est sûr

    Passent les blessures

    Et l'amertume, et les heures

    Les astres, exaltés,

    Rehaussent les nuées

    Les sentes et les artères

    Le réel s'apprête

    L'heure se répète

    Et le malheur s'exaspère

     

    Là est le zèle, la beauté

    Le luxe, la légèreté

     

     

     

     

     

     


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  • L'invitation au voyage sans COVID 2/3 Le chantier de l'invitation au voyage avance. Voici la deuxième strophe

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     L'invitation au voyage (deuxième partie)

     

    Un meuble flambant

    Lustré par les ans

    Brûle ses feux à l'étage

    Les plus rares fleurs

    Mêlant leurs senteurs

    A un parfum plus sauvage

    Les murs fastueux

    Les tableaux fameux

    Les épures persanes

    L'ensemble fera

    Barrage au trauma

    La mer sera bleue et plane

     

    Là est le zèle, la beauté,

    Le luxe, la légèreté

     

    (à suivre)

     

     


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