• Résumé du dernier épisode : question écriture, entre le mois de mars et le mois de juin, rien. Aujourd'hui, lundi 10 juillet, je viens de finir un texte commencé avant-hier, le premier depuis quatre mois. Et en grilles de mots fléchés, je peux prétendre à l'accession au niveau 4. Pour le moment, je suis content comme ça. smile

     

    Juillet 2017

     

    Je me souviens, à la maison, des séances de projection de diapositives et, plus rares, de films tournés en Super 8.

     

    Un soir, sans que je m'explique bien la raison, au milieu des souvenirs de vacances, nous avons vu en famille un court-métrage gentiment érotique, et surtout très drôle. On y voyait une jeune femme brune en balade à la campagne, à la recherche d'un endroit où s'installer pour déjeuner sur l'herbe. Bien vite, elle trouve le lieu idoine au-delà de ses plus folles espérances et, toute à sa joie indicible, entreprend de se déshabiller pour offrir les ferveurs de son épiderme juvénile à la vérité nue de l'instant. Une jeune femme blonde la rejoint et retire ses habits avec la même légèreté, mais le temps se couvre et l'orage éclate. Il est temps de rentrer chez soi et de revêtir un ciré transparent.

     

    Dans mes souvenirs, nous n'avons pas cessé de rire à la vue de ces comédiennes amatrices expressives autant que bien portantes. Je pense aussi que j'étais au commencement de l'adolescence, et que je devais être un rien gêné.

     

    Dans quelques années, lorsque mes enfants auront suffisamment grandi, je crois que j'aimerais faire comme leur grand-père. Que ce soit exactement le même film. 

     

    Il faudrait que je retrouve la bobine... Qu'est-ce qu'on a ri !

     

     


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    Innovation technique : je n'écris plus sur des carnets  à petits carreaux mais sur des cahiers au format A5 (papier velouté 90g ; couverture transparente plastifiée dans une gamme de quatre différents coloris : rouge, jaune, bleu, vert ; rapport qualité-prix pour l'instant imbattable). 

     

    Cahier vert, février 2017

     

    C'est une personne en apparence très douce, un vieux monsieur très jeune à barbe blanche, aux longs cheveux jaune sale. Tout à l'heure, il s'est cru poète. Il le croit toujours, c'est le secret de ses manières affables. Quand on lui parle, il écoute avec attention, ou plutôt il n'écoute pas au point que, fait rarissime, les mots ricochent sur sa silhouette impeccable. Sa parole est à la poésie ce que les obscénités mondaines sont à la réclusion. C'est un honnête homme dans son acception la plus haïssable.

     

    *

     

    Avoir celui que l'on exècre au bout de sa rapière. Porter le coup d'estoc. Dans le cas, probable, où l'attaque n'aurait pas été régulière, prendre le soin de laisser sa conscience roupiller ferme.

     

    *

     

    Il la voit, il l'écoute, il lui parle. Un peu chaque jour. Presque tous les moments passés avec elle sont une fête. Parfois, il reçoit l'évidence de sa belle personne comme un forcené s'automutile, mais la plupart du temps il se surveille. Le soir, chacun rentre chez soi. Il sait qu'elle ne vit pas seule, elle sait que lui non plus. Il l'imagine heureuse. Il l'observe.

     

    Ils s'entendent bien, ils conversent avec plaisir ensemble. Ils se le sont assez dit et répétés. Un jour, quand il sera prêt ou malgré lui, d'autres mots sortiront, directs ou allusifs, inattendus ou espérés, légers comme le tremblement d'un songe ou bien lourds comme les anneaux d'une chaîne

     


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    Au mois de décembre dernier, j'ai rempli mon troisième et dernier carnet de textes écrits à partir de la contrainte appelée "Trois mots".

    Ce carnet, il m'a fallu près d'un an pour le terminer. Il m'avait fallu seulement un mois et demi pour achever le premier et moins de trois mois pour finir le deuxième. Je me souviens des premières semaines d'écriture. Je m'étais fixé pour règle d'écrire un texte par jour. J'espérais poursuivre ainsi tout le temps qui me resterait à vivre. J'ai tenu environ trois mois. Ces derniers temps, je n'écrivais plus qu'environ une fois toutes les deux semaines.

    Vous lisez des extraits de ces trois carnets depuis la création de ce blog. J'ai écrit en tout 140 textes dont quarante-neuf publiés dans Les histoires joueuses.

    Cela fait bientôt deux mois que j'ai coupé. A la place, je me suis mis à relire. Avec passion. J'écrirai bientôt à ce sujet : je crois pouvoir dire que j'ai retrouvé le temps de lire perdu.

    Cette semaine, je vais recommencer à noircir mes carnets, parce que j'en ai envie, parce que je veux revivre la joie de relire des pages d'écriture qui me correspondent

    Je vais aussi chercher un éditeur pour ce qui existe déjà, aller à la rencontre de personnes que je crois capables de m'aider, faire mes premiers pas, en quelque sorte, de bébécrivain.

    Où même simplement voir du monde, des têtes connues ou inconnues. Parler, écouter, sourire et discourir. Me souvenir.

     

     


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    Depuis le 13 septembre dernier, je travaille sur un nouveau poste, dans un nouvel établissement : je suis le responsable de la section jeunesse de la bibliothèque André Malraux, à Paris, dans le 6ème arrondissement.

    Je suis heureux parce que j'ai, pour la première fois, des responsabilités à la hauteur de mon diplôme, un DUT  obtenu lorsque j'étais emploi-jeune, il y a 15 ans, en 2001.

    Je me souviens : je travaillais dans une école primaire du 18ème arrondissement, dans le quartier de la Goutte d'Or. L'université René Descartes nous avait invité à découvrir son dispositif de formation continue.  Il y avait trois filières : l'informatique, l'animation et donc les métiers du livre. J'avais choisi les métiers du livre, sans être tout à fait sûr de mon choix, mais je n'étais sûr de rien.

    J'ai quitté mon poste en école primaire en 2002 hanté par la vision de centaines d'élèves en échec scolaire et persuadé de mon inutilité. Je suis devenu catalogueur un peu par hasard au service technique des bibliothèques de la Ville de Paris.  J'y ai passé près de trois ans dans un environnement accueillant et protégé, comme à l'abri, déconnecté volontaire de la réalité. 

    En 2005, j'ai passé un concours interne d'adjoint administratif pour encourager une collègue dans ses révisions : c'est moi qui ai réussi le concours et c'est comme ça que je suis devenu secrétaire dans un service de la Direction du Patrimoine et de l'Architecture. J'avais l'idée de revenir un jour en bibliothèque. J'ai passé les concours dans ce but, je les ai tous ratés.

    Six ans plus tard, en 2011, j'ai bénéficié d'un détachement pour travailler à la Médiathèque Marguerite Yourcenar. C'est là que ma carrière a réellement débuté. J'ai commencé comme magasinier, puis j'ai réussi un concours interne et je suis devenu responsable de l'action culturelle à la bibliothèque François Villon.

    Là-bas, je n'ai pas eu d'équipe à diriger. Au début, cela m'a rassuré. Ensuite, j'ai fini par le regretter.

    Aujourd'hui, j'encadre sept personnes. C'est totalement nouveau pour moi. Je n'ai jamais eu autant de choses à faire et je trouve ça très stimulant.

    J'ai évité ce mois-ci de peu un arrêt pour épuisement professionnel. J'ai eu la chance de suivre une formation qui m'a permis de comprendre ce vers quoi je me dirigeais si je ne changeais pas ma relation au temps et si je ne me recentrais pas sur moi-même. J'ai retrouvé le temps de lire et d'écrire. Parfois, je me dis que c'est maintenant que ma vie commence. Je viens d'avoir quarante-cinq ans.

    Il y a quelques jours, j'ai lu un très court texte de François Le Lionnais intitulé La peinture à Dora, qui m'a conforté dans l'idée que la mémoire et la culture, avant d'être synonymes de pédanterie, étaient un accès privilégié au bonheur, au partage et à la jouissance.

    C'est pourquoi je vous souhaite, pour finir, de joyeuses lettres.

     

     


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  • J'ai écrit ce texte il y a un peu plus d'un an. Le texte est venu en cherchant le sens du mot raglan, qui désigne un manteau à pèlerine mais aussi un modèle d'imperméable.

     

    Carnet n°1, fin septembre

    Le vingt-deux novembre prochain, mon père sera mort il y a vingt-deux ans, et j’aurai vécu, à parts égales, toute une vie avec et toute une vie sans lui.

     

    Dans mes plus vieux souvenirs, je le vois sur le seuil de notre appartement, vêtu de son impeccable pardessus raglan et embrassant ma mère venue lui ouvrir. Ma sœur et moi, soudain très remuants pour nous disputer la primeur de ses joues froides, accourions jusqu’à lui pour notre bise de bienvenue du soir. 

     

    Il est parti seul un lundi matin, à l’hôpital, des suites d’un anévrisme. On nous a appelé un peu avant six heures pour nous annoncer la nouvelle. Je n’ai pas su comment réagir jusqu’à notre entrée dans sa chambre, où nous nous sommes, ma sœur, ma mère et moi, tous les trois effondrés.

     

    Les douleurs avaient commencé dans la nuit de samedi à dimanche. Il s’obstinait à ne pas être conduit à l’hôpital, mais le matin venu, il est devenu évident qu’il fallait appeler un médecin à domicile, lequel, une fois sur place et au terme d’une brève auscultation, a très vite compris la gravité de la situation et appelé le dix-huit. Mon père a du être évacué de chez lui par le balcon, au moyen d’une grue. Quand il est arrivé aux urgences, son état s'est avéré si grave que  c’était déjà miraculeux qu’il fût encore en vie. Les chirurgiens ont tout juste eu le temps de l’opérer, mais il était trop tard.

     

    Je l'ai embrassé pour la dernière fois le samedi soir, avant de partir me coucher. Je ne l’ai plus vu ensuite. Tout le temps que durèrent ses souffrances, on m’a laissé dormir.

     

    Lorsque je me suis levé, ma mère et mon père étaient déjà partis. Ma sœur et moi sommes arrivés à l'hôpital en fin de matinée. Nous y avons trouvé ma mère en pleurs, nous expliquant qu’il était déjà sur le billard et que les chances qu’il en sorte vivant étaient minimes.

     

    Mon père est parti comme ça.

     

    J’étais un fils très distant mais, par habitude, je lui faisais toujours la bise. Ma mère m’a dit qu’il y tenait beaucoup.

     

     


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    Carnet n°1, début septembre

    Il s'approcha imperceptiblement de la pièce d'où provenait le rythme ensorceleur et entrebâilla la porte le plus discrètement possible. L'enregistrement cessa aussitôt et le père se sut repéré. Pour faire bonne figure, il apparut alors magistralement sur le seuil et résolut de questionner son fils au sujet du morceau qu'il venait de couper.

     

     *

     

    Carnet n°1, mi-septembre

    Dans la cuisine, une poêle à frire ointe d'huile végétale attendait qu'on la réchauffe et la garnisse. Dans le salon, un homme et une femme consultaient, perplexes, un livre de recettes illustré. Dans sa chambre une petite fille, avec un ocarina, objectivait sa pensée.

     

    *

     

    Carnet n°1, fin septembre 

    Quand vint l'heure de dormir, l'enfant trouva le moyen de jouer encore quelques instants avec son bâton de pluie, puis consentit à se faufiler sous les draps tandis que son père finissait de border son lit. Il ne restait plus qu'à s'assurer que la veilleuse était allumée, le doudou enlacé et les rideaux tirés. Commença alors le temps des dernières paroles rassurantes, celles qu'on prononce en chuchotant : quelques secondes seulement, mais infiniment pleines, mais infiniment douces, et qui se terminent quand on s'embrasse une dernière fois pour se souhaiter bonne nuit.

     

     


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    Carnet n°1, fin août

    C'était un vieux hibou qui vivait seul dans un appartement devenu trop grand. Il avait, pour lui tenir compagnie, un jeune chien au caractère impétueux et doux qu'il promenait dans la forêt toute proche. Le chien, truffe au vent, humait la possibilité d'une aventure sylvestre où il ferait la preuve de son courage héroïque. Le maître, lui, silencieusement rêvait.

     

    *

      

    Carnet n°1, fin septembre 

    Ordinairement taiseux, l'inventeur était si heureux et fier de sa trouvaille qu'il descendit bruyamment en rendre compte  dans les rues désertes de la ville en toupillant sur lui-même sous la lueur des réverbères.

     

    *

     

    Carnet n°2, fin octobre

    Loin de l'épuiser, les sentiments exacerbés au contraire le revigoraient. Il portait sa raison en écharpe, mais rien ne laissait croire qu'il pourrait guérir un jour.

     

     


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  • Ce sont des textes écrits lorsque j'avais entre 18 et 20 ans. Il y en a quelques autres de cette époque. Moins d'une dizaine en tout. Ils sont à part. Je les aime bien (sauf la fin du troisième, que je n'ai jamais pu améliorer).

    A ce moment-là, je suis étudiant en DEUG d'anglais à la Sorbonne et je joue au basket en Excellence Départementale à Versailles. J'ai vaguement conscience que je ne suis pas fait pour devenir prof et que je ne gagnerai pas ma vie avec le sport.

    Je m'imagine écrivain, ou bien réalisateur. Je n'ai pas de caméra, je n'ai pas l'idée de m'en acheter une.

    Je lis un peu, je regarde la télé longtemps.

     

    Il se mit à nouveau au bord du gratte-ciel mais c'était cette fois-ci pour prendre son envol.

    Le soleil jouait du piano pour lui aujourd'hui et le ciel aurait pu être de n'importe quelle couleur aujourd'hui pourvu qu'elle fût blanche.

    Les nuages se profilaient en autant de tâches de peintures et c'étaient à celles qui seraient les plus gaies que l'on offrirait de barioler l'univers en récompense.

    Le soleil jouait du piano pour lui aujourd'hui et le vent soufflait du xylophone, et le xylophone chantait une aquarelle et l'aquarelle flottait, flottait, flottait pour lui.

    Les idées flottaient dans le ciel, plus légères que l'air, plus légères que tous les tourments.

    La vie n'était plus qu'un immense tableau où il fallait peindre, peindre, peindre.

    *

    La lune pourrait-elle un jour gagner une course à pied ? C'est la question que je me posais très sérieusement quand soudain une feuille d'arbre me fit descendre du soleil à mon bureau jusqu'au moment où il me fallut admettre que je me trouvais dans un autobus.

    Le vert des arbres défilait joyeusement devant moi, jusqu'à me faire une courbette espièglement devant la vitre, et je lui rendai doublement, le plus naturellement son salut.

    Dame nature du printemps, que ne vous fait-on vieille pour que je vous aime comme une mère, mais les beaux jours sont toujours jeunes quand ils viennent après l'hiver.

    *

    Je suis la honte et le rêve réunis. Je suis froid et je pèle comme un glaçon pour celui qui me touche. Je fais mal et je ne garde que des phrases pour chaque moment qu'il m'est donné de regarder en face, devant moi, seul, et pour toujours.

     

     


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    Je dois l'écriture de mon premier poème à mon instituteur de CM1.

    Je ne l'ai pas écrit pour le lui offrir. C'est lui qui, un matin, nous a annoncé que nous allions créer des textes à partir d'une liste de mots choisis par la classe (un mot par élève).

    Je ne me souviens plus du mot que j'ai donné, mais je me rappelle très bien l'excitation de mes camarades et moi-même à mesure que la liste grossissait. Après avoir donné nos mots à inscrire, le maître a donné le signal du départ, et nous avons commencé rapidement à écrire (nous étions prévenus que le temps serait limité).

    J'ai assez vite trouvé un titre, Le coucou casse-cou, dont j'étais somme toute assez content, mais j'ai bientôt réalisé qu'avec la liste de mots proposés, ce titre n'allait me mener nulle part. Or, la fin du temps imparti approchait, et je ne savais toujours pas quoi écrire.

    C'est alors qu'un autre titre m'est venu, Un bon petit diable, et l'idée d'un texte dont j'ai tout de suite mesuré la platitude et la mièvrerie. C'était une série de clichés sur le repentir d'un petit garçon turbulent mais, au fond, désireux de bien faire, comme dans le roman pour enfants de la Comtesse de Ségur. Je n'en étais absolument pas satisfait, mais nous allions tous lire nos œuvres l'un après l'autre devant la classe, et je redoutais plus que tout la honte de n'avoir rien à lire et les moqueries qui s'ensuivraient.

    Quand vint mon tour de donner à entendre le fruit sans saveur de mon imagination en berne, j'eus d'abord l'espoir insensé d'improviser malgré tout une histoire à peu près audible à partir de mon premier titre, mais très vite, je me ravisai et me résignai à lire ce que j'avais écrit.

    Ce fut un triomphe. Mes camarades s'exclamaient, mon maître me félicitait. On recopia mon texte et on l'afficha dans la classe, à côté d'un autre poème, écrit pour la même occasion par Emmanuelle, une des meilleures élèves en français, et qui s'appelait Les braises. Aucun autre texte n'eut droit aux mêmes honneurs.

    Plusieurs fois, j'ai relu les deux poèmes côte à côte. J'aimais beaucoup celui d'Emmanuelle. Je n'aimais pas le mien. Je l'avais écrit pour complaire aux exigences scolaires d'un enseignant que je n'aimais pas. Je ne me voyais pas en écrire d'autres avant longtemps et, de fait, je n'en écrivis plus, ou presque, jusqu'à l'âge adulte.

     

     


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    Carnet n° 3, début juillet

     

    Mon père était un raconteur hors-pair. Il n'était pas non plus du genre à reculer lorsque l'occasion se présentait de se payer gentiment la tête de quelqu'un. Voici comment un jour il s'offrit celle de son supérieur dont il connaissait l'avarice.

    L'histoire se passe en Turquie, où mon père a vécu et travaillé quinze ans. C'est mon histoire préférée.

    Ce jour-là, mon père s'était avéré un collaborateur particulièrement précieux et, pour montrer sa gratitude, son chef lui avait offert exceptionnellement de prendre avec lui un verre après le travail.

    Conscient du caractère extravagant de l'invitation, mon père décida de prendre les choses en mains et accepta à la condition qu'ils aillent tous les deux dans un café qu'il connaissait bien. Sitôt la proposition adoptée, mon père fila jusqu'au dit café et avisa un des garçons de service pour le prévenir de la présence de son patron avec lui quelques heures plus tard.

    Je vous ferai signe, lui expliqua-t-il sur le ton de la confidence, et vous viendrez prendre notre commande. Lorsque vous me demanderez ce que je compte boire, vous m'entendrez vous dire distinctement « comme d'habitude ». Voici alors ce que vous apporterez...

    A l'heure convenue, mon père et son patron pénètrent à l'intérieur du café et le garçon s'approche de la table où ils viennent de prendre place.

    -  Vous êtes sûr de toujours vouloir m'inviter ? Demande poliment mon père.

    - Absolument, monsieur Colombani, j'y tiens énormément, vous m'avez tiré d'un sacré pas aujourd'hui et je vais vous payer ce verre. Garçon, un panaché s'il vous plaît !

    - Et pour monsieur, ce sera ?

    - Et bien, pour moi, ce sera comme d'habitude !

    - Très bien monsieur

    Le garçon s'éloigne.

    - Vous avez pris quoi, monsieur Colombani ?

    - Oh, j'ai pris comme d'habitude.

    - Ah ! Et qu'est-ce que c'est ?

    - Vous allez voir, c'est très bon.

    Quelques minutes passent, le garçon apparaît avec la commande. Il commence par servir le panaché et puis, se tournant vers mon père et posant devant lui sa consommation.

    - Et pour monsieur voici... comme d'habitude.

    Le garçon de nouveau s'éloigne. Quelques secondes s'écoulent. Mon père a pris son air le plus naturel. Son chef, assis en face de lui, le dévisage les yeux ronds.

    Et puis...

    - Monsieur Colombani... vous buvez du champagne ?!!!

    - Oui, monsieur... comme d'habitude.

     


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