• Liberté, égalité, paternité

     

    Carnet n°1, début septembre

    Il s'approcha imperceptiblement de la pièce d'où provenait le rythme ensorceleur et entrebâilla la porte le plus discrètement possible. L'enregistrement cessa aussitôt et le père se sut repéré. Pour faire bonne figure, il apparut alors magistralement sur le seuil et résolut de questionner son fils au sujet du morceau qu'il venait de couper.

     

     *

     

    Carnet n°1, mi-septembre

    Dans la cuisine, une poêle à frire ointe d'huile végétale attendait qu'on la réchauffe et la garnisse. Dans le salon, un homme et une femme consultaient, perplexes, un livre de recettes illustré. Dans sa chambre une petite fille, avec un ocarina, objectivait sa pensée.

     

    *

     

    Carnet n°1, fin septembre 

    Quand vint l'heure de dormir, l'enfant trouva le moyen de jouer encore quelques instants avec son bâton de pluie, puis consentit à se faufiler sous les draps tandis que son père finissait de border son lit. Il ne restait plus qu'à s'assurer que la veilleuse était allumée, le doudou enlacé et les rideaux tirés. Commença alors le temps des dernières paroles rassurantes, celles qu'on prononce en chuchotant : quelques secondes seulement, mais infiniment pleines, mais infiniment douces, et qui se terminent quand on s'embrasse une dernière fois pour se souhaiter bonne nuit.

     

     

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