• Journal infirme

     

    Carnet n°1, début septembre

    Je suis d'une humeur de wagon rempli de ballast accroché à une locomotive lancée de nuit sur une voie éternellement rectiligne et dont le conducteur, avachi sur sa cabine de pilotage et seulement maintenu éveillé par les fortissimos d'une symphonie wagnérienne, aurait abandonné l'exploration de la cause de ses échecs répétés à widgetiser son appareil de téléphonie mobile pour sombrer dans la neurasthénie la plus profonde.

     

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    Carnet n°2, début novembre

    Il savait que rester assis la nuit entière devant son ordinateur allumé revenait à se faire lobotomiser par largage massif et ininterrompu de données, et pourtant il continuait, comme s'il désirait atteindre le point de non-retour et devenir une étendue d'eau douce où pousseraient à perte de vue ces nénuphars blancs aux pétales charnus et aux sépales lancéolés qu'il avait, jadis, étudiés et admirés.

     

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    Carnet n°2, mi-décembre

    Il souffrait de ne pouvoir gouverner sa vie comme d'une tumeur impossible à exciser. La poésie lui offrait parfois ses paroles d'évangile et il rêvait alors à des harmonies délicates sous la voûte éthérée. Mais la nuit et ses pulsions en cortège, sans qu'il sût se défendre, finissait toujours par tomber.

     

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